26 avr. 2020

Elle et lui et moi

Ils n’ont rien dit lorsque je me suis déshabillé. Ce jeu là… je ne l’ai pas encore pratiqué. J’essaie de rentrer un peu le ventre, de bomber le torse, aussi, sans en avoir l’air. Je déboutonne ma chemise, lentement, sous leurs regards. J’ai envie de leur plaire autant qu’ils me plaisent. Je ferme les yeux, puis je les rouvre, fixant sur elle mon regard. Elle est assise en tailleur sur le lit, sa jupe très courte, bien sûr, s’est relevée et ne cache rien de l’ombre de sa toison entre ses cuisses. Lui s’est assis sur un fauteuil, pieds nus, il a gardé son jean’s et sa chemise. J’ôte mes chaussettes, puis je le regarde à nouveau, il sourit. Ses yeux brillent.
Je déboucle ma ceinture, puis fais glisser mon pantalon au sol. Je ne bande pas encore vraiment mais mon boxer se tend déjà.
Il se lève, s’avance vers la valise et saisit les menottes de cuir noir. Dans un sourire éclatant, elle se redresse, lui tend les poignets, et se couche sur les draps, jambes écartées. Debout au pied du lit, je n’ai pas bougé, les yeux fixés sur son sexe, sur ses seins encore dissimulés par cette pièce de tissu dont je ne connais pas le nom, sur ses bas, sur le fuselage de ses cuisses, sur son enthousiasme lorsqu’elle s’installe confortablement, les bras désormais écartés, attachés à la tête de lit. Il s’assied maintenant plus près de moi, tout en lui caressant les jambes, avec toujours ce sourire… dont je me demande ce qu’il dissimule. Plaisir sincère ? Simple joie ludique ? Besoin de cacher son trouble ? Il lui passe les menottes de cuir aux chevilles, puis fait glisser une corde noire sous le lit, les attachant ensemble.
Elle n’est pas du tout écartelée et reste ainsi allongée, les jambes pliées, les pieds posés à plat sur le drap. Par contre, elle ne peut plus resserrer ses cuisses. Sans dire un mot, il se relève, et retourne s’asseoir sur son fauteuil. Il me sourit. J’ai envie de lui.
J’ai envie d’elle. Elle respire vite, elle a fermé les yeux. La lumière des deux lampes de chevet est agréablement tamisée, dans cette chambre d’hôtel confortable, qui sait se faire oublier sans être anonyme. Son mur de briques rouges restaurées. Ses pans de murs coupés, grands aplats mats où s’étirent les ombres des abats-jours. La large fenêtre et ses petits carreaux à croisillons derrière lesquelles la ville suit son rythme. Ce n’est plus le nôtre.
Je m’avance sur le lit, elle est à moi, mais elle est toujours à lui. Sa respiration s’accélère un peu lorsqu’elle sent mon poids creuser le matelas, lorsqu’elle perçoit mon souffle sur son mollet. Je la hume. Lentement. Je sens son odeur, sur ses bas, je m’avance doucement, à quatre pattes, mon nez frôlant le tissu tendu sur sa peau. Je la respire et elle le sait, elle le sent, elle l’entend, je m’imprègne de son parfum sans aucun artifice et cette fois, la tension dans mon boxer est à son comble. Mon sexe roide écarte même un peu le large élastique. Lui, je ne le vois plus, mais je me doute qu’il n’en perd pas une miette. Mon visage s’est approché très près de son sexe. Elle ne porte pas de culotte, et de ma main droite, j’ai repoussé un peu le tissu de sa jupe, qui lui est descendu sur les hanches, ne dissimulant plus rien de son pubis, du haut de ses cuisses, de son sexe ouvert. J’approche ma bouche, elle sent mon souffle sur ses grandes lèvres, mais je ne touche pas. J’ai une envie folle de me jeter sur elle, de la goûter, de la lécher, de la sucer et de la boire, mais nous attendrons.
Son odeur me rend dingue. Une promesse animale, primale, en harmonie avec sa respiration. Ma main descend sur sa cuisse, la caresse par effleurements, elle frémit. Se tend. Je joue avec l’élastique du bas, puis décide de le faire glisser. Il accroche. Agacé, je passe le pouce en dessous, le fait rouler, puis descendre. Lorsqu’il atteint son genou, je cesse mon geste, puis pose mes lèvres là où il serrait sa peau. La marque est profonde. J’embrasse à peine, effleurant, caressant de ma bouche, je sais que les poils de ma barbe et de ma moustache doivent la chatouiller un peu, alors de mes mains, j’enserre fermement et largement sa cuisse. Mes doigts suivent mes lèvres dans une cascade de baisers et de caresses, jusqu’à son genou, puis je fais descendre le bas jusqu’à sa cheville où je l’abandonne. Je jette un regard sur lui. Il a posé ses coudes sur ses cuisses, son menton sur ses mains. Discrètement penché en avant, il nous sourit et nous observe, les yeux brillants d’excitation. J’aimerais apercevoir son entrejambe, mais de là où je suis, je ne vois rien.
Je reviens vers elle et cette fois mes lèvres et mes doigts remontent sa jambe jusqu’à son aine. Je survole son sexe sans y toucher, puis répète la même chose sur son autre jambe. Je profite de mes caresses pour remonter un peu sa jupe. Je ne pourrai pas l’enlever puisqu’il faudrait la faire glisser… Je suis vaguement contrarié mais je regarde avec bonheur la rondeur de son ventre sous le tissu.
Je suis toujours à quatre pattes. Mon bras droit passe au dessus de sa jambe gauche, mon bras gauche au dessus de sa jambe droite. Elle sent mon poids enfoncer le lit de chaque côté de ses hanches, mais je ne la touche pas. Elle relève un instant sa tête jusque là basculée en arrière et me regarde. Une goutte de salive perle au coin de ses lèvres. Je rapproche mes cuisses des siennes pour me mettre à genoux, en prenant bien garde à ne pas la toucher avec mon sexe encore emprisonné par le caleçon. De mes deux mains, je détache les boutons de son chemisier, remontant vers ses seins, révélant la dentelle de son soutien gorge. J’écarte le tissu pour le faire tomber de chaque côté de son corps en me redressant. Puis je me penche en avant pour embrasser son ventre, faisant remonter ma bouche jusqu’à sa poitrine, jusqu’à la dominer complètement. Mes lèvres se posent sur la base de son cou, sur son menton, elle redresse son visage et vient chercher mes lèvres. Nos langues s’effleurent à peine, nous nous sommes déjà embrassés un peu plus tôt dans la soirée, nous cherchons à nouveau ce goût d’interdit qui nous avait alors emporté. Je l’abandonne à regret au bout de quelques minutes, mais je ne tiens plus dans cette position, largement au-dessus de son corps.
Je me replie alors vers le bas du lit. Elle garde les yeux fermés. Je ramène mon souffle entre ses cuisses, ses grandes lèvres ont gonflé, son sexe s’est ouvert. Je regarde les replis de chair et m’approche si près que mon souffle humide se gorge de son odeur. Je m’enivre. Puis je plonge. D’abord par petites touches, je lèche, je goûte enfin, ma langue passe entre les lèvres et joue avec son capuchon, cherche la cachette de son clitoris, explore les sillons jusqu’à l’entrée de son vagin, s’aventure plus bas, à la fin de son sexe, à l’orée de son périnée. Très vite, mes coups de langue se font plus larges, plus appuyés, mes lèvres se joignent au jeu et je perds le compte de mes baisers, de mes aspirations et de mes souffles, je halète, je n’en peux plus et je finis par faire glisser mon boxer qui me torture. Mon sexe, dur, bat entre mes cuisses, je me cambre et l’appuie à peine sur le lit, je l’ai complètement oublié, lui, ma salive se mêle à sa cyprine et je bois nos humeurs de plaisir. Je sais les gouttes qui coulent sur son périnée et dévalent son sillon, savoir que son anus doit être détrempé m’excite tandis que ma langue plonge dans son vagin, le plus profondément possible. Elle se cambre. Mes mains ont rejoint ma bouche et je la caresse autant que je l’embrasse, elle gémit et se tord, je sens son plaisir monter…
Il s’est levé, s’est approché du lit, je l’ai senti bouger. Je me demande un instant si je dois avoir peur, s’il va craquer. Mais je m’en fous, je ne peux pas décoller ma bouche de son sexe, elle va jouir et je ne veux pas en perdre une goutte, je ne sais pas depuis combien de temps je la lèche ainsi, j’ai perdu mes repères car à cet instant, il ne m’en reste qu’un et il est entre ses cuisses. Je suis un animal en rut et je la veux.
Je sens sa main à lui se poser sur ma fesse droite. Je m’immobilise instantanément, me demandant s’il veux que je me relève, que je lui laisse la place, et j’esquisse un mouvement de recul, décollant ma barbe détrempée de son entrejambe. Mais il me maintient en place, alors je reprends le cunnilingus. Mon index et mon majeur droits s’aventurent désormais dans son vagin, tandis que de mon pouce, je lui caresse le périnée en me tordant le poignet, me demandant si je vais le glisser jusqu’à son œillet… Sa main n’a pas quitté la pointe de ma fesse, j’essaie d’imaginer ce qu’il voit, mon cul grand ouvert, mes cuisses écartées, mon sexe et mes couilles qui battent au gré de mes mouvements. Mon crâne entre ses jambes, et elle, elle dans toute sa splendeur, elle qui plonge vers l’orgasme et qui jouit, qui jouit de spasmes silencieux, les dents serrées de plaisir. J’ai cessé de bouger dès les premières contractions de son orgasme, gardant ma bouche autour de son clitoris, mes doigts dans son vagin, le savourant lorsqu’il les serre et se desserre.
Lui a avancé sa main sur mon dos, il me maintient en place, me faisant clairement comprendre que je ne dois pas m’écarter. Au bout d’une minutes environ, tandis que les mouvements spastiques autour des mes doigts s’évanouissent, je recommence à téter doucement son clitoris. Cette fois, elle ne peut retenir un râle de plaisir. Moi, je sens sa présence à lui, derrière moi, et ça m’excite. Ça m’excite mais lorsque sa main, qui était remontée sur ma hanche, me maintient un peu plus fermement, je manque rater une respiration. Je viens de sentir sa salive tomber sur le haut de mon sillon, et couler sur mon anus pour s’échouer sur mon scrotum épilé. Je frémis. J’étais un mâle en rut, je deviens une femelle à l’affût. Sans abandonner le sexe de son épouse, sans cesser le la lécher et de la caresser, je suis attentif au moindre de ses mouvements. Une deuxième goutte de salive, énorme, a suivi le même chemin que la première. Je m’ouvre, je le sais, et je sais qu’il regarde. Je sens, impatient, ses doigts caresser mon sphincter, puis doucement, l’écarter. Je ne bouge presque plus mais je n’ai pas cessé de la lécher, même si, je le sais, je ne peux pas maintenir la même concentration. Elle a bougé, je sais qu’elle le regarde. Est-elle incrédule ? Impatiente ? Je sens les doigts s’enfoncer plus profondément dans mon anus, constater qu’en quelques instants, ils passent sans difficulté. Son autre main s’est refermée sur mes couilles, il me caresse et j’adore ça, je ne lèche plus, je suis sa chienne, je suis sa chose, nous n’avions rien prévu de tout ça même si je n’avais pas manqué de signaler que j’aimais les hommes tout autant que les femmes. Il n’avait rien répondu. Je sens ses doigts qui jouent à m’ouvrir, puis je le devine qui bascule son corps sur le lit, à genou. Je relève mon cul, et je sens enfin ce que je n’en pouvais plus d’attendre depuis sa main sur ma hanche : la pointe de son gland qui cherche l’entrée, doucement, mais fermement. Je reprends ma respiration, cela fait si longtemps que ça ne m’était pas arrivé, je me détends, il me pénètre. Il me pénètre et je ne peux m’empêcher de reculer mon bassin pour venir, au bout d’une interminable minute, appuyer mon cul contre lui. Je sens ses couille effleurer les miennes. Il a posé ses mains sur mes hanches, il ne bouge pas. J’ai mal, un peu, mais j’adore ça et, doucement, je commence à bouger. Il en profite pour suivre le mouvement, et ses aller-retour deviennent de plus en plus amples, mais doux, appuyés, j’entends sa respiration concentrée, son plaisir évident.
Alors je me rappelle soudain du sexe féminin sur lequel est posé mon menton, et je reprends sans aucune retenue, mes baisers et mes caresses. J’ai sorti mes doigts de son vagin, j’ai besoin d’eux pour me tenir à ses hanches à elle tandis qu’il poursuit ses longs et puissants mouvements, je sens qu’il contrôle, mais que son plaisir le déborde. Je ne sais rien de ce qui se passe en moi, ma prostate et mon rectum sont un incendie de plaisir, je brûle complètement et je ne sais plus ce qui est douleur et bonheur, je sais simplement que mon sexe est prêt à exploser, comme le sien à elle qui se cambre à nouveau et offre son anus à ma langue avide, malgré ses mouvements limités par la corde.
Doucement, il ralentit. Essaie-t-il de se retenir ? Je veux le sentir jouir en moi ! Non. Il se penche sur le côté, et j’entends le bruit d’un emballage de capote qu’on déchire. Il se penche en avant et le glisse sous mon ventre. De ma main droite, je saisis le préservatif et le déroule maladroitement sur mon sexe, puis je me redresse, abandonnant les cuisses trempée de salive, de sueur et de cyprine. A quatre pattes, je la regarde, le sexe de son mari dans le cul, tandis qu’il me fait avancer. L’exercice est compliqué et nous sommes maladroits. Il détache la corde en se penchant à nouveau, elle bouge un peu se se cambre, je détache son poignet lorsque je me retrouve sur elle, et elle glisse, impatiente, sa main entre nous pour guider mon sexe en elle.
Aucun d’entre nous n’a prononcé un mot. Je me laisse glisser en elle en espérant ne pas le perdre, lui. Il bascule vers l’avant et son sexe s’enfonce en moi lorsqu’il tombe. Son poids me pousse au fond, elle gémit, moi aussi, et puis il reprend ses mouvements, d’abord lentement, puis de plus en plus rapide. Je ne peux presque pas bouger mais mon bassin suit le sien, ses couilles frottent les miennes, je le sens haleter et perdre le contrôle de ses aller-retours, il me déchire et j’adore ça, je veux le sentir jouir et il explose, il explose et se laisse tomber sur nous, me collant à elle qui continue, malgré tout à se caresser sur mon sexe profondément enfoncé. Je sens son corps poissé de sueur, sa respiration difficile, il se redresse à peine et je l’expulse doucement, à regret, une fois qu’il a finit d’éjaculer.
Une fois libérée de son poids, elle pose sa main sur mon cul et m’encourage. A mon tour, je perds le contrôle et me lance dans une salve de mouvements violents et rapides désynchronisés, j’espère qu’elle va jouir et je ne sais pas si c’est le cas mais elle râle de plaisir tandis que j’explose et me vide en elle comme si c’était la seule chose qui comptait dans cet univers...

Texte improvisé le 25 avril 2020, sur suggestions de LibNoa et Bruneline

12 nov. 2019

Sans pizza

Une pizza. Une reine. Ou une veggie. Pas un de ces saloperies aux anchois… de toute façon, on n’en trouve plus, l’humanité progresse. Qui peut-bien avaler ces saletés d’anchois ?
Ou bien. Jambon, ananas ?
De toute façon cette soirée est un cliché. Seule dans son canapé, à moitié nue avec son vieux legging-pyjama et sa polaire informe et trouée. Netflix qui ronronne à la télé, sans parvenir à la capter. Elle sait bien qu’elle devrait porter un genre de chemise de nuit en soie. Un de ces trucs satinés qui glissent tout seuls pour révéler un téton « arrogant » ou « provoquant ». Elle a les seins qui tombent alors, elle les prends dans ses mains, bien au chaud sous sa polaire. Joue avec leur poids, leur élasticité. Imagine, peut-être, d’autres mains. Ou juste les siennes, qui font glisser le tissu élimé sur ses pointes.
Jambon et ananas. La voix blasée de l’employé de la boîte à pizzas ne l’a pas trop émoustillée. Au temps pour les clichés.
Dans quelques dizaines de minutes, un inconnu va gravir son escalier. Il va sonner, elle sera toujours aussi mal déshabillée. Bien sûr qu’elle pourrait en profiter. Enfin, à condition qu’il soit intéressé. Son copain n’est pas là, et de toute façon il est avec une amante, probablement à manger une de ces pizzas prétentieuses qui se la jouent authentiques. OK, ils s'en sont tout deux donné le droit, mais elle est bien contente de son choix d’ananas, du coup.
Le livreur arrivera en scooter. Avec un jogging, c’est certain. Il aura un accent du coin. Ou bien un accent lointain. De toute façon, c’est la même galère pour chacun. On ne fait pas ce métier là par choix… Dans un de ces films, il aurait un jean moulant, il ne porterait rien dessous, il aurait une veste en cuir et une chaîne en or, il serait parfaitement rasé, avec un filet de barbe taillée à la perfection pour renforcer l’angle de sa mâchoire. Et elle elle aurait cette foutue chemise de nuit en satin. Ou une nuisette. Qu’est-ce qui est plus inconfortable qu’une nuisette, ça glisse tout le temps, évidemment que ça sert juste à se foutre à poil ! Elle, elle préfère sa doudoune en peau de wookie.
Le mobilier de l’appartement, non plus, ne convient pas. La table basse conforama, le canapé clic-clac un peu défoncé, les fringues qui traînent partout, le magazine de jeux de rôles rétro (casus belli, c'est quoi ce nom ?) avec sa pin-up trop bien gaulée... Perdant le fil de ses pensées, sa main s’est égarée. Elle a glissé de son sein droit, est descendue vers sa toison, sa forêt de poils obscure, son index joue à l’orée de ses lèvres, tandis que sa main gauche caresse distraitement son téton, jouant avec le sein comme avec l’aréole, plus curieuse qu’excitée. Ses doigts caressent son pubis, à la jonction de ses cuisses, elle profite juste de la sensation, sans préméditation. La rondeur de son ventre, ses hanches, elle glisse, elle aime sa peau, elle râle sur ses défauts, mais elle chauffe doucement en laissant ses doigts errer au hasard. Effleurer ses petites lèvres qui dépassent discrètement. Les pincer, mais à peine. Sa respiration change, elle en a à peine conscience, pourtant, elle a basculé son bassin, elle s’est un peu ouverte, elle s’est détendue et ses doigts ont trouvé sans peine la pointe d’humidité qui perlait. Elle mouille et étale le liquide élastique sur le sillon de ses lèvres, dessine son sexe de la pointe du doigt, évite son capuchon. Elle sent le battement dans le bas de son ventre, cette pulsation qui l’attire, ses doigts se font plus directifs, ils écartent sa vulve, caressent l’entrée de son vagin, filent étaler sa cyprine sur son périnée. Elle coule comme jamais, d’habitude il faut la lubrifier, la cascade dans la forêt, c’est chaud et c’est doux et c’est bon et ce sont trois doigts qui crochètent désormais son clitoris et le plafond de son vagin.
Elle est à quatre patte, le cul en l’air, elle halète et ses doigts vont et viennent et le liquide humecte son vieux legging, elle écarte le tissu à chaque passage de sa main, elle se sent trempée, elle colle à son pyjama, elle glisse dans ses creux et ses courbes, elle étale la mouille partout sur ses cuisses, sur son ventre, c’est froid et c’est doux et c’est bon, elle adore être trempée, sa cyprine filante et visqueuse, sa salive à lui, mais il n’est pas là, elle voudrait son foutre mais il bouffe des anchois !
Alors elle se redresse, le livreur va arriver. Et puis elle retombe, vaincue par ses doigts inexorables, qui retrouvent le chemin de son cul et de son con, elle n’a trouvé qu’un stylo pour avoir un support sur lequel contracter son anus, tant pis, ça suffira, l’idée lui suffit de tout façon, elle halète, adossée à la porte, les jambes grande écartées, avachie sur elle-même, ses tétons pointés continuent de frotter sa polaire à chacun de ses mouvements, elle appuie sur le bouton quand il sonne en bas, et puis elle continue, elle lui ouvrira, trempée, décoiffée, rouge de désir, sa salope détrempée, elle va se donner à ce type inconnu dont elle ne sait même pas à quoi il ressemble, et il la fera jouir avec sa putain de pizza à l’ananas !
Elle a quatre doigts dans son vagin, elle voudrait un poing mais elle n’y arrive pas, et puis de toute façon c’est pas pratique, et puis son vagin se serre sur ses doigts, elle se tend, il frappe à la porte, et de toute façon merde, merde, merde ! Plusieurs minutes, elle crie son plaisir, sa jouissance, son désir, son explosion solitaire, elle tremble et fait trembler la porte, ses spasmes emportent sa raison, elle tape du poing dans le bois, manque se mordre les lèvres, elle bave, son clitoris pulse sous son pouce, elle appuie juste comme il faut, juste quand il faut, juste ce qu’il faut pour porter et magnifier son orgasme, merde !
Qu’est-ce qu’il a dit ?
« J’ai laissé la pizza » ?
Ou bien quoi ?
Elle parie qu’il s’est barré, et qu’elle n’aura rien à manger.
Gagné.
Et le stylo est tombé.

Texte improvisé sur une suggestion de Bruno Bellamy, un soir désoeuvré.
Aucune garantie de réalisme quand à la masturbation féminine, n'hésitez pas à vous foutre de moi
J'ai réalisé après coup que dans ma tête, cette femme était en couple libre et juste un peu frustrée que son mec mange des pizzas avec une autre nana (parce que ça pourrait très bien arriver chez moi), mais je ne l'ai pas écrit, a priori. j'ai modifié le texte en conséquence en le portant depuis Twitter jusqu'ici.

27 juin 2019

Baise-moi !

Baise-moi !
Dans cette chambre surchauffée, sur ce lit déjà détrempé : baise-moi.
Fais moi tomber, oui, sur le dos, repousse-moi. Saisis mon sexe à pleine main, serre-le, branle-moi, oui, oui, empale-toi ! Sans une hésitation, tu m’enfonces, je râle de délice, je fonds de sueur et de plaisir, mais déjà, tu te relèves, si vite, tu lâche mon sexe et tu ris. Un rire de plaisir et de joie, un rire un brin pervers, je souris, tu me veux ta chose, je serai ta chose. Tu me retournes, et je m’agenouille. Je te tourne le dos, je décide de fermer les yeux. Ta main hésite sur ma fesse, remonte vers mon dos, interrogative. Je halète déjà d’anticipation. Me veux-tu ta chienne, ou ton étalon ?
Tu poses tes lèvres sur ma fesse. Je sens tes dents, délicatement. Dénudées par le sourire qui naît de ton imagination libérée. Tu te redresses vivement, tu me pousses, je tombe en avant, les épaules sur le lit, le cul en l’air, ouvert, offert. Tu regardes, tu saisis à nouveau mon sexe, joue avec mes couilles. Baise-moi !
Tes doigts remontent mon périnée, s’attardent autour de mon anus, explorent – peu de temps. Tu n’hésites guère et tu forces cette porte déjà ouverte, je transpire de plaisir, je devine un doigt, peut-être deux. Je te sens te redresser, je perçois ton excitation, toi aussi, tu perds la raison. Tu voulais contrôler, mais dans ce jeu c’est l’échange qui domine, je suis offert, oui, mais tu ne peux pas résister. Je te sens à genoux, ton sexe près du mien. J’essaie de deviner ce que tu fais, as-tu saisis un jouet ? Soudain, je me fige : je te sens à l’orée de mon sphincter, tu entres, doucement, fermement, longuement et lentement. Tu t’enfonces jusqu’à ce que ton bassin touche le mien. Paralysé, mon cerveau s’effondre, j’ai abandonné l’analyse et l’anticipation, je te sens reculer, et puis, à nouveau, avancer. Doucement. Mais toujours aussi inexorablement. Tu râles, tu expires, je soupire, baise-moi ! Tu vas, de plus en plus vite, de plus en plus fort, je sens ma rupture qui vient, il y a trop de tout, trop de toi, trop de nous, je craque et je m’effondre, dans ma tête d’abord, dans mon corps ensuite, je suis totalement cambré, totalement offert, totalement ouvert, mais je cède et j’abandonne, ce n’est pas un orgasme mais une déroute complète de tout contrôle, je ne suis plus, je ne suis plus là, je ne suis plus moi, je suis à toi, je suis à nous et à ce moment là. Je ne peux que deviner ton exultation tandis que tu te retires…
J’agonise dans ma sueur, le cul toujours en l’air. Tu poses ta main doucement sur ma fesse droite, tu me repousses sur le côté, tu me fais basculer. Je cède sans difficulté. Nous haletons. J’ai été ta chienne, mais je sens bien que tu me veux ton étalon. Je halète et peine à reprendre mon souffle, mais voici déjà ton sexe sur ma bouche, ton sexe trempé, vibrant de plaisir, exigeant, conquérant, tu prends ma bouche et je t’offre mes lèvres, ma langue qui tourne et lèche, avide, gourmande, nous étions trempé de sueur, nous le serons de salive, je me détourne d’ailleurs pour boire, longuement, l’eau coule sur mon cou, sur mon torse, sur le lit, je m’en fous, je me jette sur toi et sur ton sexe, cette fois c’est toi qui t’offre et m’exige, j’explore et honore chaque repli de ton aine, de ton cul, tu t’ouvres toi aussi, tu t’ouvres et cette fois, c’est toi qui soupire… baise-moi !

19 fév. 2019

Le club (1)

Une reine. Elle se laisse flotter dans l’eau chaude du jacuzzi, ses boucles brunes, sa couronne, flottent autour de son visage. Elle ferme les yeux, apaisée, un sourire indéfinissable sur les lèvres. A demi-assis, je maintiens son bassin contre le mien, mon sexe, dans le sien. Nous ne bougeons pas, fusionnels, mais je l’ai laissée s’écarter de moi, ses seins affleurent à la surface bouillonnante, cambrée, elle s’oublie. Le point focal ? Cette chaleur dans nos bas-ventres. Nos sexes comme notre amour, inextricablement mêlés. Je regarde ces mains, ces corps qui se rassemblent, ces hommes qui s’assemblent, spectateurs, de plus en plus nombreux, de plus en plus audacieux. Leurs mains qui courent sur sa peau... je sens leurs doigts sur ses fesses, sur ses cuisses, sur ses hanches, je les vois, sur ses épaules, sur ses seins. Volages, furtifs, impatients, ou insistants. Ses mains à elle ont disparu. Je les devine joueuses et aguicheuses, saisissant sans hésitation leurs vits offerts. Les encourageants à s’approcher. Ne repoussant aucun d’entre eux. Certains me regardent, curieux. Je suis silencieux, souriant. Je la garde contre moi, son bassin, et le mien. Je passe ma main dans son dos, la ramène contre moi, glissant juste ces mots à son oreille : « je t’aime ». Elle sourit tandis que je la laisse s’écouler à nouveau. Je suis son pivot, ils sont ses rayons. Souriants, excités, impatients, je ne peux que deviner leurs fantasmes et leurs désirs. Je sens leurs mains effleurer ma peau excitée. Je la maintiens et je leur crie, en un silence assourdissant : « Admirez-la ! Désirez-la ! Elle est à moi, aussi longtemps qu’elle le voudra ! Nous sommes la semence dans la matrice, attroupée autour de l’œuf, mais je suis le seul, le seul à à entrer ! »
Le sang palpite à mes tympans, le pouls insistant du désir, de la luxure. La fierté et le doute, l’humilité et l’arrogance. Je l’aime. Elle m’aime. Et ils sont là pour elle. Pour nous ?
Ses mains, sur leurs sexes, s’accordent au rythme de leurs désirs. L’un d’eux, déjà, s’est écarté, rassasié. Elle sourit quand, une nouvelle fois, je la ramène contre moi, lui susurrant des mots d’amour et de désir. Quand je la laisse doucement s’écarter, qu’ils s’agglutinent, je souris, leur cédant, semblerait-il, cet accord tacite de celui qui offre celle qu’il possède, sa femme. Mais qui serais-je pour offrir ce qui n’appartient qu’à elle ? Je sais ma place, et je souris ces mots : cru, rieur, arrogant, provocateur : « je suis bi, qui, qui voudra être sucé par un un homme et sa femme ? »
Dans l’obscurité du grand jacuzzi, je vois les mouvements se préciser. Des dos qui se tournent et s’éloignent, mais aussi des dents blanches, des sourires éclatants, un désir joyeux qui s’épanouit, l’envie du jeu.
« Moi, moi, je suis bi, moi, oui ! »
« Je, je n’ai jamais, mais… j’en ai toujours rêvé. »
Mes lèvres se referment sur sa verge, dressée et impatiente, ma main contre sa cuisse, contre ses couilles. Des sexes, partout, autour de nous, je les vois s’approcher d’elle, de moi, de nous, de nous. Ma bouche sur cette verge, ma langue qui explore les replis sous son gland, qui forage avidement son méat, ma gourmandise, ma frénésie, je le veux, il se cambre, se pétrifie. « Je, je n’ai jamais, mais… j’en ai toujours rêvé. » Moi aussi. Mes mains qui courent, les aller-retour, les caresses, je le veux, je l’aspire, l’avale et l’engloutis, il pose ses mains sur ma tête, je ne lui laisse, je ne me laisse aucun répit, rapide et violent, puis lent et langoureux, je sens les spasmes, les timides premières gouttes à l’entrée de ma gorge et sur ma langue. Je savoure. Son plaisir. Mon désir. J’ai oublié la salle obscure, je devine du coin de l’œil mon amour et sa cour. Sa cuisse est posée près de la mienne. Je le suce, comme si jamais je n’avais rien d’autre n’avait existé, il se tétanise, je sens son plaisir monter, les spasmes de son bassin, je ralentis, je l’enveloppe, le prend entre ma langue et mon palais. J’appuie, je tête lentement, mais sans lui offrir le moindre répit. Il jouit. Il jouit. Il jouit.
Il se penche ; je savoure. Lui aussi. Il se penche, et m’embrasse doucement. « Merci ». Puis il s’éloigne. L’oubli. Devant moi, un jeune homme, un sourire, des tâches de rousseur. « Moi ? Moi aussi ? »
Oui.

3 fév. 2019

Les pâtes

D’une main, je pose ma main sous son sein droit. Surprise, elle lève vers moi un regard interrogateur. Ses yeux bleus sous ses boucles brunes, elle semble attendre. Moi même, je ne sais trop que penser. J’ai envie d’elle, maintenant. Alors, oui, nous sommes dans la cuisine, je rentre à peine du boulot, j’y retourne dans une heure. Les pâtes bouillonnent. Elle calcule, je crois. Comme moi. En ai-je envie ? Maintenant ? Mais il fait un peu froid. Et les pâtes cuisent. Je glisse ma main sous son pull et la pose sur sa taille. Elle me regarde toujours. Je la surplombe de bien 15 centimètres. Je penche mon visage vers le sien. Elle me tend sa bouche. Nos lèvres se rencontrent. Quelque chose passe… le désir ?
De mes mains, je lui imprime un mouvement de rotation doux mais ferme, la fais reculer. Ses fesses se posent contre la table. Nos lèvres ne se sont pas quittées. Mes mains ont dévalé son corps, débouclent sa ceinture, mes doigts se glissent sous l’élastique de sa culotte. Je m’agenouille, lui ôte ses chaussures fais tomber sa culotte et son pantalon. Je la bascule sur la table, elle se laisse faire, se couche sur le plateau de bois, je lève et écarte ses cuisses. Son sexe. Je plonge. Ma bouche contre sa vulve, ma langue qui s’insinue, elle bascule son bassin, je l’explore, l’embrasse, la lèche, joue avec son clitoris, ses lèvres et son capuchon, elle est trempée, salive et cyprine mêlées, mes mains sont sur ses hanches, elle bascule encore son bassin, ma langue court le long de son périnée, chatouille son anus, elle palpite, elle gémit, elle brûle, désire, délire, et je m’oublie, je suis parti, déjà, je suis juste une frénésie de coups de langue, de doigts, ma respiration se perd, mon souffle, je me relève. Je fais tomber mon pantalon et mon caleçon, mon sexe se dresse, impatient, intenable, elle expire, je la pénètre, mais elle me repousse alors que je me fonds dans ses chairs. Folie ! Pourquoi ?
Elle me repousse et je m’avance à nouveau, mais elle saisit mon sexe et le pose sur son anus.
Ce qui reste de mon cerveau finit de fondre. Elle saisit mon sexe et le pose sur son anus. Je m’avance, tout doucement. Elle s’ouvre, je sens le premier sphincter qui enserre mon gland, puis la chaleur, elle m’aspire, et me voilà, m’enfonçant doucement jusqu’à ce que mes couilles rencontrent le bois de la table. Je la reprends par les hanches et l’amène contre moi, finissant de la pénétrer tandis qu’elle gémit de plaisir. Son bassin, contre le mien. Nos corps qui oscillent, puis le mouvement, mes aller-retours prennent de l’ampleur, de plus en plus loin, de plus en plus vite, jusqu’à ce qu’elle m’impose son rythme et la distance, pour que mon gland ne cesse d’entrer et sortir de ses sphincters, jusqu’à ce que je craque et m’enfonce à nouveau, précipitant un nouveau râle luxurieux. Elle continue à maîtriser le jeu, ne me concédant parfois qu’une pénétration profonde, je vois son sexe qui coule, sa mouille qui dévale sur ses fesses et mon sexe, mes cuisses, mes jambes. Le bois de la table est trempé, elle se contracte un peu plus à chaque va et vient, moi, je me suis perdu, complètement oublié, je lui ai tout abandonné, je ne sais plus ce qui se passe jusqu’à la sentir exploser, la sentir serrer sans répit ma verge étranglée, me libérant en m’emprisonnant, j’explose, je me répands, elle m’avale et m’aspire, je m’effondre, elle aussi.
Les pâtes sont trop cuites.

4 nov. 2018

Le cadeau refusé

Tu n'as pas dit un mot, pas fait un geste, mais je me suis arrêté net.
Tu m'attendais, bien entendu. Tu savais que j'arriverai assez vite. J'avais éteint mon ordinateur et la lumière de l'escalier, j'avais couché le chien. Tu savais que j'allais me déshabiller dans le couloir puis mettre mes vêtements dans la panière avant d'entrer dans la chambre, nu, mon jean à la main. Tu avais soigné la mise en scène. Juste assez désordonnée pour ne pas me donner l'impression de m'attendre depuis longtemps. La lumière discrètement baissée, assez douce pour créer une ambiance, assez forte pour que les ombres soulignent le spectacle.
Ton cul, dressé, offert.
Ton corps, abandonné. Ta tête dans l'oreiller, tes épaules et tes seins perdus dans la couette.
Quelle cambrure ! Je sais que tu en es fière !
Il ne manquait que le panneau « prends-moi ».
Mais je suis un malotru. Tu le sais très bien.
J'ai marqué un très court temps d'arrêt. M'as-tu entendu sourire ? J'ai posé mon jean sur la chaise. Juste assez fort pour que tu puisses suivre mes mouvements. Je me suis approché de toi, j'ai tourné, un peu, autour du lit, pour te regarder. Tes fesses. Ton dos. Tes cheveux. Tes épaules. Ton sexe. Ton sexe, bien sûr. Tu veux une levrette, tu la veux violente, mais tu ne sais pas si ce soir, je me plierai à tes désirs, ou si je jouerai à les contrarier. Je sais que tu as entendu le bruit de mes lèvres quand j'ai souri, je sais que tu devines. Tu gémis de frustration, mais tu ne bouges pas. Je sais que tu te vengeras.
J'ai ouvert le coffre à jouets. Tu m'as entendu fourrager un peu dedans. Tu as entendu le bruit des sangles de cuir, tu m'as entendu jeter des objets sur le lit. Légers. As-tu reconnu la cravache ? J'ai décidé de la poser en travers de tes mollets. J'ai un peu écarté tes jambes, j'ai placé les menottes de cuir autour de tes chevilles. Pour la forme. Tu t'offres à moi ? Tu exiges mon sexe en m'offrant le tien ? Très bien. Mais d'abord, je jouerai selon mes termes. Je veux que tu me supplies. J'espère simplement que tu ne le feras pas trop vite : je veux jouer. Entre tes jambes, j'ai posé un petit tube de plastique, un toy simple et sans prétention. A peine plus qu'un crayon. Mon pénis s'est dressé, mais tu ne le vois pas. Tu ne vois rien, tu ne bouges pas. Je te regarde respirer. Tu attends.
Et moi j'ai quand même envie de te donner ce que tu demandes. Mais. Non. Je vais jouer avec ta frustration, je jouerai aussi avec la mienne. Je monte sur le lit, à genoux. Pour que tu te demandes encore, si, en réalité...
Je pose ma main droite sur le bas de ton dos, fermement, et doucement. Pas de réelle sensualité, juste un premier contact, pour briser la tension, et... la faire renaître. Je laisse ma main glisser sur ta fesse droite, effleurer ta cuisse, je fais attention à ne pas être trop léger. De ma main gauche, je verse doucement le silicone liquide sur la naissance de ta raie. Le fluide épais et tiède tombe goutte à goutte. Je te vois frémir. Ton anus palpite tandis qu'il passe sur lui et descend vers ton sexe. Tu t'ouvres.
Tu trembles. Avec mon pouce droit, ma main posée sur ta fesse, je dessine ton sillon passant au ras de ton sphincter impatient, glissant ensuite vers ta grande lèvre, attentif à ne pas m'immiscer – pas encore ! - dans l'humidité de ta vulve. La caresse est fluide et forte, facilitée par le silicone. Je fais le même geste avec ma main gauche, prenant tes fesses, tes cuisses, l'extérieur de tes grandes lèvres, sans jamais toucher ni ton anus, ni ton sexe. Tu t'ouvres, tu t'impatientes, tu te tortilles, la cravache glisse sur tes mollets. Le cuir épais des menottes te retient, pour la forme. Tu es à moi, je veux te le signifier autant que ton cul fièrement offert me hurle  : « tu m'appartiens ! »
Je te caresse, mes mains fermement posées sur ton corps, je te masse, je te tente et effleure si souvent tes lèvres et ton anus, tu n'en peux plus, alors je cesse : je pose ma main à plat sur ton sexe. Je ne bouge plus. Je respire fort, à en trembler, tu devines, évidemment, mon érection.
J'enlève ma main et cette fois, je prends le jouet. Je le fais glisser sur ton périnée, puis je l'immisce à l'orée de ton sexe. Je caresse tes petites lèvres, l'entrée de ton vagin, ton clitoris. Tu écartes les cuisses autant que tu peux. Tu te cambres encore. Je pose mon pouce sur le capuchon de ton clitoris, et, doucement, avec le jouet de plastique, je commence à te pénétrer, caressant de préférence le renflement du corps de ton clitoris, cherchant tes points de plaisir. Je te vois mouiller, je contemple la cyprine qui perle à la lisière de cette intimité. Pour appuyer mon mouvement, je tiens le jouet entre le pouce et l'index. Mon majeur est posé sur ta fesse, mais, doucement, je le fais glisser vers ton sphincter, qui l'accueille avec gourmandise. Je ne rentre pas, je caresse, je masse, je cajole : ton anus, ton clitoris, tes grandes lèvres sous mes doigts, tandis que le jouet entre et sort, entre, et sort. Entre. Et sort. Mon majeur, enfin, s'enfonce dans ton trou, sans aucun effort. C'est une douce caresse intérieure, je n'ai même pas vraiment l'impression de te pénétrer, et je lâche le jouet tandis que mon pouce descend le long de ton périnée pour entrer dans ton vagin. Mon index rejoint mon majeur dans ton cul. Tu soupires de plaisir. De mon autre main, je n'ai pas cessé de jouer avec ton clitoris et tes petites lèvres. Tu n'en peux plus : moi non plus. Tu ruerais presque lorsque mes doigts se touche à l'intérieur, à travers les parois. Tu en veux plus, beaucoup plus, et je n'ai plus envie de jouer. Enfin, je ressors. Tu ne bouges plus, car je ne te touches plus. Je vais enfin te donner ce que tu réclamais.
Mon sexe, dans le tien. Mes mains, sur ton bassin. Avec toute la violence que j'ai contenue dans la douce fermeté de ces caresses : il est temps de lâcher les rênes.

27 oct. 2018

Notre délivrance, enfin

Nu devant la fenêtre, je contemple l'atmosphère glaciale dont me sépare maladroitement l'antique fenêtre de l'appartement. Les masses nuageuses et la brume montant de la Garonne se confondent à perte de vue, noyant les toits et les cheminées. Vous êtes nue. Sur le lit. Agenouillée. Vous regardez… je ne sais. Vous regardez dehors, ou... vous me regardez, moi. Je sens, filtrant entre les battants, le léger courant d'air sur ma peau. Je tire le lourd rideau. Le silence est irréel. Et cette fois, il n'y a plus rien pour nous distraire. Nous sommes hors de tout, pour quelques heures.
Lorsque je m'approche du lit, vous posez vos lèvres sur mon torse. Mon sexe dressé s'appuie entre vos seins. Nous ne disons rien. A peine percevons-nous nos respirations, calmes, mais lourdes d'anticipation. Je regarde, derrière vous, la tapisserie désuète. La tête de lit et ses barreaux dorés discrètement corrodées. Les abats-jour d'un autre siècle. Le profond matelas et les confortables draps parfaitement ordonnés. Nos vêtements abandonnés au sol, témoins de nos premiers contacts. Hors de la ville, hors du temps. Ma main est posée sur vos cheveux, glisse vers votre épaule, parcourt votre dos. Je sens votre langue sur ma peau. Vos lèvres sur mon sein. Vos seins contre ma verge. Votre main, sur ma cuisse.
Et puis, vous vous détournez, faisant face au mur, me laissant admirer votre chevelure, les lignes de votre dos, vos fesses, vos cuisses. En silence, vous vous penchez en avant. Vous appuyez vos épaules sur les draps, vous posez votre tête sur l'oreiller, vos cheveux bruns en galaxie sur les draps blancs. Vous cambrez votre dos. Vous vous ouvrez. Vous vous offrez, magnifique. Nous n'avons toujours pas prononcé un mot, mais je m'avance sur le lit, posant mes mains sur vos hanches. Vous devinez mon pénis à l'orée de vos lèvres. Respirez-vous encore ? Moi, non.
Je m'avance. Mon sexe s'enfonce dans votre sexe. Mes cuisses viennent s'appuyer contre vos cuisses, mon bassin touche maintenant votre bassin. Notre délivrance. Enfin.
Vous expirez, lentement. J'entends votre râle discret. Percevez-vous le mien ?

3 sept. 2018

Je ne dors pas

J'ai cette indélébile image qui danse devant mes paupières fermées. Je suis allongé. Il est tard. Tu n'es pas couchée. Je t'attends, mais je ne dors pas. Je t'attends et je fais semblant de dormir, je fais si bien semblant de dormir qu'en réalité, je rêve peut-être. Qu'en sais-je ? Qu'importe ?
La température de la chambre est idéale. Je n'ai pas froid mais je suis bien sous ma couette. A l'équilibre. Je suis nu. Il fait presque noir dans cette chambre obscure, mais un peu de lumière filtre sous la porte. Juste assez pour distinguer les ombres. Tu entres. J'ai gardé les yeux fermés, je suis détendu, je respire doucement. Je t'entends. Tu refermes la porte, l'obscurité se referme sur mes yeux clos. Je sens le matelas se pencher sous ton poids. Tu marches sur le lit, près de moi. Je sens ton parfum, ou je l'anticipe, je ne sais pas bien. J'entends le silence de tes pas sur la couette. Tu respires si doucement, tu fais attention. Tu ne sais pas si je dors, mais tu l'espères sans doute. Tu voudrais me réveiller. Je ne sais toujours pas si je rêve ou si j'attends en silence. Je sens ton poids autour de moi. Ton pied droit près de mon épaule gauche, ton pied gauche près de mon épaule droite. Je te devine t'appuyer contre le mur, et t'accroupir. Je ne respire plus, j'anticipe, je me tends tout en tentant de ne pas me trahir. J'expire doucement. Je sens, j'entends mon souffle contre ta peau. Contre ton sexe, là, juste au-dessus de ma bouche. Tu ne m'effleures pas. Tu laisses la chaleur de mon souffle glisser sur ton sexe ouvert. Cette fois, j'entends ta respiration. Elle accélère. Tu anticipes. Tu imagines. Ton désir monte. Celui de ma langue se glissant entre tes grandes et tes petites lèvres. Ton envie de ma salive sur ton sexe... Tu imagines ces caresses, la recherche d'abord paisible, puis curieuse, puis avide et finalement frénétique, alternant douceur et voracité. L'exploration de l'entrée de ton vagin. Du capuchon de ton clitoris. De tes lèvres. De ton périnée peut-être. De ton anus. Tu palpites. Moi, j'essaie de n'en rien paraître, mais mon sexe s'est dressé. Je hume, le plus discrètement possible, le parfum de ton sexe, les nuances des fragrances de ta plus secrète intimité. Tu t'ouvres, je le devine. Nous ne nous sommes pas encore touchés. Tu es là. Juste au-dessus de moi. Tu es si excitée, ta respiration te trahit, ton équilibre aussi. Tu oscilles un peu, d'avant en arrière. Tu mouilles. Tu coules. J'ouvre les lèvres, avide. Gourmand. J'attends. Une goutte. Puis une deuxième. Je n'y tiens plus. Mes mains se lèvent et se posent sur tes hanches, je t'amène sur ma bouche en levant mon visage vers ton sexe. Tu fais semblant de fuir, puis tu cèdes aussi, et je te bois, je te fouille, ma langue s'enfonce dans ton vagin tandis que mes mains fébriles te caressent. Tu t'es presque laissée tomber sur moi, je ne respire plus, je ne peux plus, j'essaie juste d'attraper parfois un peu d'air, mais je m'en fous, je te veux, je veux ta cyprine et tes muqueuses, ton souffle et tes râles. Les minutes passent dans notre silence, pas un mot, pas un cri, je ne peux faire de bruit, tandis que toi, oui, tu gémis. Je sens tes lèvres se gonfler encore plus, ton clitoris rebondir sous ma langue, ton vagin se détendre et couler, ton anus s'ouvrir sous mes doigts curieux. Je veux ton orgasme, et tu te tends, en silence parfait cette fois, je sens les contractions venir, de loin, je sens la pression et les battements, la pulsation de ton plaisir, et puis les contractions, finalement, qui éclatent, ta jouissance spastique, mon explosion de bonheur.