Je ne dors pas

J'ai cette indélébile image qui danse devant mes paupières fermées. Je suis allongé. Il est tard. Tu n'es pas couchée. Je t'attends, mais je ne dors pas. Je t'attends et je fais semblant de dormir, je fais si bien semblant de dormir qu'en réalité, je rêve peut-être. Qu'en sais-je ? Qu'importe ?
La température de la chambre est idéale. Je n'ai pas froid mais je suis bien sous ma couette. A l'équilibre. Je suis nu. Il fait presque noir dans cette chambre obscure, mais un peu de lumière filtre sous la porte. Juste assez pour distinguer les ombres. Tu entres. J'ai gardé les yeux fermés, je suis détendu, je respire doucement. Je t'entends. Tu refermes la porte, l'obscurité se referme sur mes yeux clos. Je sens le matelas se pencher sous ton poids. Tu marches sur le lit, près de moi. Je sens ton parfum, ou je l'anticipe, je ne sais pas bien. J'entends le silence de tes pas sur la couette. Tu respires si doucement, tu fais attention. Tu ne sais pas si je dors, mais tu l'espères sans doute. Tu voudrais me réveiller. Je ne sais toujours pas si je rêve ou si j'attends en silence. Je sens ton poids autour de moi. Ton pied droit près de mon épaule gauche, ton pied gauche près de mon épaule droite. Je te devine t'appuyer contre le mur, et t'accroupir. Je ne respire plus, j'anticipe, je me tends tout en tentant de ne pas me trahir. J'expire doucement. Je sens, j'entends mon souffle contre ta peau. Contre ton sexe, là, juste au-dessus de ma bouche. Tu ne m'effleures pas. Tu laisses la chaleur de mon souffle glisser sur ton sexe ouvert. Cette fois, j'entends ta respiration. Elle accélère. Tu anticipes. Tu imagines. Ton désir monte. Celui de ma langue se glissant entre tes grandes et tes petites lèvres. Ton envie de ma salive sur ton sexe... Tu imagines ces caresses, la recherche d'abord paisible, puis curieuse, puis avide et finalement frénétique, alternant douceur et voracité. L'exploration de l'entrée de ton vagin. Du capuchon de ton clitoris. De tes lèvres. De ton périnée peut-être. De ton anus. Tu palpites. Moi, j'essaie de n'en rien paraître, mais mon sexe s'est dressé. Je hume, le plus discrètement possible, le parfum de ton sexe, les nuances des fragrances de ta plus secrète intimité. Tu t'ouvres, je le devine. Nous ne nous sommes pas encore touchés. Tu es là. Juste au-dessus de moi. Tu es si excitée, ta respiration te trahit, ton équilibre aussi. Tu oscilles un peu, d'avant en arrière. Tu mouilles. Tu coules. J'ouvre les lèvres, avide. Gourmand. J'attends. Une goutte. Puis une deuxième. Je n'y tiens plus. Mes mains se lèvent et se posent sur tes hanches, je t'amène sur ma bouche en levant mon visage vers ton sexe. Tu fais semblant de fuir, puis tu cèdes aussi, et je te bois, je te fouille, ma langue s'enfonce dans ton vagin tandis que mes mains fébriles te caressent. Tu t'es presque laissée tomber sur moi, je ne respire plus, je ne peux plus, j'essaie juste d'attraper parfois un peu d'air, mais je m'en fous, je te veux, je veux ta cyprine et tes muqueuses, ton souffle et tes râles. Les minutes passent dans notre silence, pas un mot, pas un cri, je ne peux faire de bruit, tandis que toi, oui, tu gémis. Je sens tes lèvres se gonfler encore plus, ton clitoris rebondir sous ma langue, ton vagin se détendre et couler, ton anus s'ouvrir sous mes doigts curieux. Je veux ton orgasme, et tu te tends, en silence parfait cette fois, je sens les contractions venir, de loin, je sens la pression et les battements, la pulsation de ton plaisir, et puis les contractions, finalement, qui éclatent, ta jouissance spastique, mon explosion de bonheur.

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