Notre délivrance, enfin

Nu devant la fenêtre, je contemple l'atmosphère glaciale dont me sépare maladroitement l'antique fenêtre de l'appartement. Les masses nuageuses et la brume montant de la Garonne se confondent à perte de vue, noyant les toits et les cheminées. Vous êtes nue. Sur le lit. Agenouillée. Vous regardez… je ne sais. Vous regardez dehors, ou... vous me regardez, moi. Je sens, filtrant entre les battants, le léger courant d'air sur ma peau. Je tire le lourd rideau. Le silence est irréel. Et cette fois, il n'y a plus rien pour nous distraire. Nous sommes hors de tout, pour quelques heures.
Lorsque je m'approche du lit, vous posez vos lèvres sur mon torse. Mon sexe dressé s'appuie entre vos seins. Nous ne disons rien. A peine percevons-nous nos respirations, calmes, mais lourdes d'anticipation. Je regarde, derrière vous, la tapisserie désuète. La tête de lit et ses barreaux dorés discrètement corrodées. Les abats-jour d'un autre siècle. Le profond matelas et les confortables draps parfaitement ordonnés. Nos vêtements abandonnés au sol, témoins de nos premiers contacts. Hors de la ville, hors du temps. Ma main est posée sur vos cheveux, glisse vers votre épaule, parcourt votre dos. Je sens votre langue sur ma peau. Vos lèvres sur mon sein. Vos seins contre ma verge. Votre main, sur ma cuisse.
Et puis, vous vous détournez, faisant face au mur, me laissant admirer votre chevelure, les lignes de votre dos, vos fesses, vos cuisses. En silence, vous vous penchez en avant. Vous appuyez vos épaules sur les draps, vous posez votre tête sur l'oreiller, vos cheveux bruns en galaxie sur les draps blancs. Vous cambrez votre dos. Vous vous ouvrez. Vous vous offrez, magnifique. Nous n'avons toujours pas prononcé un mot, mais je m'avance sur le lit, posant mes mains sur vos hanches. Vous devinez mon pénis à l'orée de vos lèvres. Respirez-vous encore ? Moi, non.
Je m'avance. Mon sexe s'enfonce dans votre sexe. Mes cuisses viennent s'appuyer contre vos cuisses, mon bassin touche maintenant votre bassin. Notre délivrance. Enfin.
Vous expirez, lentement. J'entends votre râle discret. Percevez-vous le mien ?

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