Lettre de recommandation

eloise-3.jpgQuelle étrange démarche ! Quelle étrange époque ! Écrire une lettre de recommandation pour ma propre épouse ? Sans savoir qui la lira ? Car... qui êtes-vous, vous qui tenez ce papier entre vos mains ? Un homme ? Une femme ? Un ou une infidèle ? Un libertin, ou une libertine ? Un amoureux ? Une amoureuse ?
Peut-on écrire une lettre de recommandation sans savoir cela ? J’en doute. Mais je peux toujours essayer.
Ma seconde interrogation sera de savoir, si j’ignore qui me lis, quelles sont vos questions. Vous importe-il de savoir si elle est belle ? Drôle ? Si vous aurez envie de l’aimer ? De la séduire, ou d’essayer ? Espérerez-vous qu’elle tente de vous séduire, vous ? Cherchez-vous simplement une aventure sexuelle ? Désirez-vous plus que cela : une rencontre ? Une confrontation ? Un duel, peut-être ?
Éloïse est belle. Bien sûr qu’elle est belle. Elle est belle avec simplicité, avec naturel, avec sincérité. Elle est superbe ! Mon ravissement quotidien, au saut du lit, au travail, quand elle regarde ailleurs, quand elle me sourit. Ses boucles brunes, ses yeux bleus, son nez, sa bouche… Ses clavicules ? Puis-je évoquer ses clavicules, auxquelles mentalement je me raccroche quand je m’oublie ? Ses seins, leur rondeur, leur douceur, leur équilibre, leur simple perfection, ce bonheur à contempler. Suivez-vous mon regard ? Où découvrirez-vous, en elle, toute la beauté de la femme que je ne me lasse jamais d’admirer ? Sur ses hanches pleines, invitations aux baisers ? Sur la ligne de sa colonne, la rondeur de son cul, la fermeté de ses cuisses ? Imaginez-vous, qu’en lisant ces mots, elle secouerait la tête d’un air exaspéré ? Plongerez-vous votre regard entre ses cuisses, chercherez-vous à deviner la ligne parfaite de ses grande lèvres, l’humidité que vous espérerez faire poindre à leur orée ? La regarderez-vous fière, vous dominant de sa superbe, ou la contemplerez-vous alanguie sur ce lit ? Aurez-vous la chance d’être submergé par la tension de son buste, les proportions de ses bras tandis qu’elle vous chevauchera ? Aurez-vous le privilège d’observer ses yeux fermés, la douceur de son visage endormi ? Derrière mes propres paupières, je vois la lumière. Sur ses hanches, sur ses seins, sur ses fesses. Sa gloire sincère et incrédule. Vous la trouverez si belle, Éloïse. J’espère que vous trouverez les mots, ou les regards, pour le lui dire. Saurez-vous la convaincre ?
Éloïse est drôle, comme le sont les gens intelligents qui savent leurs limites, assez effrontée pour vous moquer comme elle sait (bien trop cruellement parfois) se moquer d’elle-même. Vous saurez lire son sourire dans les plis de ses yeux, dans la courbe de ses lèvres, dans la lumière de ses iris. Drôle comme peuvent être celles et ceux qui ont souffert, se sont relevés, sont retombés, se sont abîmés, ont désespéré, ou désespèrent encore. Je vous souhaite d’entendre son rire, j’espère que vous la ferez rire. Que vous chasserez la tristesse et la mélancolie, tout le gris qui parfois l’envahit. Pour entendre ce son que je ne saurais décrire, mais qui à chaque fois m’apporte le sourire, le bonheur, le plaisir. Éloïse est complexe, peut-être commencez-vous à le deviner ? Oh, bien sûr, vous pouvez passer à côté, peut-être que ce ne sera pas le sujet, pas votre sujet. Mais il m’arrive souvent de la regarder avec perplexité, de chercher à comprendre ses impulsions, ses émotions, le tourbillon qui l’habite et qu’elle contient à grand peine, cette cohabitation entre son intelligence vive, sa capacité d’analyse et cette précipitation qui confine parfois à l’autodestruction. Ne faites jamais l’erreur de sous-estimer ses mots, même les plus excessifs, sa sincérité est entière, comme sa colère. Saurez-vous chercher ce qu’elle recèle, entendre ce qu’elle ne dit pas, ce qu’elle n’entend pas ? Elle se dit féline, entendez-vous vraiment ce que cela signifie ? Aurez-vous le courage et l’envie de découvrir sa merveilleuse complexité ? Vous n’aurez peut-être pas envie de vous y frotter, peut-être préférerez-vous polir une de ses facettes, peut-être vous contenterez-vous tous deux de l’image qu’elle vous offrira. Gardez-vous de trop simplement vous y admirer.
Sa vraie beauté, son secret se dissimulent au-delà du tain.
Ne lui mentez pas. Soyez sincère comme elle le sera. Ne la trompez pas, ne la méprisez pas. Éloïse n’est pas un jouet, sauf si elle le choisit.
Car c’est là, je crois, une de ses clefs : le choix. Son choix, ses choix. J’espère que vous saurez les écouter. Vous devrez les respectez. N’entendez dans mes mots aucune menace (de ma part). Éloïse méprise les menteurs, elle hait les trompeurs. Je connais sa colère. Vous ne voulez pas vous y confronter.
Je vous inquiète ? Tant mieux. Comme chacun, Éloïse doit être respectée. Elle a trop vécu pour la naïveté, mais sa confiance et sa gentillesse sont offertes, sincères et vraies, vous pouvez certainement les mériter.
Car Éloïse est passionnée, et, c’est là, je crois, elle toute résumée. J’aime sa passion, sa colère, sa joie, son désir, toutes ces tempêtes que j’ai vu dans ses yeux, dans sa voix, sur son corps, en son sexe. Toutes ces tornades qui viennent briser ma tranquillité.
Je peux être son ancre ou son rocher, sa montagne si je voulais me vanter, elle est mon océan, parfois libre et conquérante, parfois câline et aimante, étale, frémissante. Toutes ces émotions qu’elle suscite en moi, je vous souhaite de les rencontrer.
Mais nous n’avons pas parlé de sexe, ou pas assez. Vous voulez être son amant, ou son amante ? Comment pourrais-je évoquer son étonnant mélange de violence et de timidité, de confiance et d’insécurité ? Je l’ai vue avec d’autres, je l’ai vécue sur moi, en moi, j’ai son goût sur ma langue à cet instant, le souvenir de sa cyprine sur mes lèvres, cet éblouissement qui me saisit lorsqu’elle me regarde vraiment, quand elle me touche, quant elle m’embrase. M’embrasse. La douceur élastique de ses seins, leur rondeur, leurs mamelons, la douceur de sa peau, la courbe de son cou, la perfection de son cul. Sa violence quand elle s’empale sur moi, le velours de sa langue sur mon sexe, ses doigts qui m’écartent et m’explorent, sa résolution quand elle m’attache, son impatiente confiance quand elle m’abandonne les rênes. Son énergie quand mon sexe la pénètre, sa résistance à mes coups de bassin, la sensation de ses chairs qui m’accueillent… Sa puissance. Toutes ces odeurs, ces sensations qui me submergent quand j’évoque ces souvenirs. Cette fascination quand je vois son attention, sa sensibilité, à quel point elle s’adapte aux autres, aussi, devenant pour chacune, pour chacun, l’adéquate réponse aux désirs, le réceptacle sincère de nos plaisirs. Jouir !
Je vous souhaite, tellement, sincèrement, de la rencontrer vraiment. Je suis même un peu (beaucoup) jaloux des facettes que vous découvrirez. J’espère, quant à moi, accéder à son cœur secret.

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