Lui et toi, et moi

Au fil des échanges sur les messageries, des verres partagés autour du cette table de café, nous avons conclu ce pacte en souriant, sans trop y croire. Chacun de nous devinait bien que les choses ne se passeraient pas comme nous l'avions prévu, laissant libre court à un champ de possibles tout en nous donnant une ligne directrice. Chacun espérant plus ou moins que les choses déraperaient.Je m'étais installé dans le fauteuil. A côté de moi, posé sur un guéridon, m'attendait le lourd boîtier de mon appareil photo. Il m'aiderait peut-être à créer une distance, si j'en ressentais le besoin, et nous espérions de toute façon que l'occasion de garder de belles images se présenterait.Le plan était simple : je vous regarderai faire l'amour.Et je n'aurai pas le droit de bouger, sauf pour prendre des photos. De votre côté, vous deviez m'ignorer, m'oublier, et vous consacrer l'un à l'autre. Une sourde chaleur pulsait dans mon bas-ventre. Une anticipation, mais pas d'érection. Pas encore. Nous avons quitté la table pour nous diriger vers la chambre. La demeure était vide, et isolée. Personne ne vous entendrait, sinon moi, personne ne nous surprendrait. Nul besoin d'étouffer cris ou râles. J'avais envie qu'il te fasse crier.

Je me suis assis dans le fauteuil, habillé. J'ai croisé les jambes, et les bras. En mon for intérieur, je me suis moqué de mon langage corporel et j'ai posé mes mains sur les accoudoirs du fauteuil, tentant de prendre un air aussi dégagé que concentré. Vous m'avez regardé avec un sourire gêné, et puis il t'a serré dans ses bras, en se tenant derrière toi. Il a dégagé ton cou en repoussant tes cheveux d'un geste doux, et il t'a embrassée juste à l'angle de la mâchoire. Tu as frémis, tu t'es retournée et tu l'as embrassé à pleine bouche. Mon bas-ventre s'est embrasé. J'ai avalé ma salive, j'ai regardé tes mains passer sous sa chemise, les siennes glisser sous ta robe. Ton soutien-gorge s'est décroché, sa ceinture s'est ouverte, vous avez commencé à m'oublier et le rouge m'est monté au joues lorsque tu t'es agenouillée. Debout, le jean encore sur les hanches, il a passé sa main dans tes cheveux en me regardant dans les yeux. Ses yeux qui brillaient autant que les miens. Dans la lumière tamisée, tu as descendu son pantalon sans retirer son sexe de ta bouche, tu l'avalais avec plaisir et gourmandise, avec joie, même, tandis qu'il se concentrait sur son plaisir sans réussir à m'oublier. Il a sans doute décidé de reprendre l'initiative pour ne plus penser à moi. Il t'a relevée, a dégagé ses pieds du pantalon et a fait passer ta robe par dessus ta tête. Tu t'es tenue là, dans toute ta splendide nudité, vulnérable et conquérante, fragile et dominante. Il a déboutonné sa chemise et t'a gentiment basculée sur le lit. Vous n'aviez pas prononcé un mot.

La température était idéale, nous y avions veillé. Personne n'aurait froid, personne ne se cacherait sous les draps. Il s'est avancé vers le lit et tu as saisi son sexe dressé de ta main droite, passant la gauche sur sa fesse et sous ses testicules, dans une caresse tendre et obscène à la fois. Puis tu as glissé son gland entre tes lèvres, embrassant son sexe plus que le suçant, avant de finalement l'engloutir avidement. Je t'ai regardé le sucer à nouveau. Cette fois, il avait fermé les yeux. Vous étiez beaux. Mon érection allait et venait selon le flux de mon excitation et de ma gêne alternées, mais je ne regrettais rien.

Tu l'as finalement attiré vers toi en te couchant sur le lit, il t'a couvert de sa grande taille, à quatre pattes au dessus de toi, j'ai regardé son sexe érigé, ses abdominaux découpés dans le contre-jour, ses cheveux, tes seins et tes hanches, vos regards échangés qui criaient votre désir assumé. J'ai saisi mon appareil photo devant votre beauté, et aussi, dans doute, pour me protéger. Tu as guidé sa verge en toi, et il s'est allongé sur ton corps, sur ce corps que je connais si bien, et vous avez soupiré, du soupir de l'instant attendu où l'on se fond enfin l'un dans l'autre, et puis vous avez commencé à faire l'amour, intensément et tendrement. Je n'ai pas bougé mais au gré de vos ébats, j'ai vu tes jambes s'écarter et se relever, ses couilles aller et venir contre ton périnée, j'ai vu ses mains sur tes seins, sa langue dans ton cou, ta bouche sur la sienne. Tes ongles sur sa peau, les traces sur son dos. J’ai entendu vos râles et vos soupirs, et humé votre désir. Vous avez changé de position, alterné entre tendresse et tension, entre retenue et bestialité, et moi, je n'y tenais plus, à la fois ébloui et rempli de gratitude d'avoir cette chance de vous admirer, mais aussi débordé par l'envie de m'en mêler. Lorsque que pour la seconde fois, tu t'es calée dans l'oreiller en lui offrant ton cul dressé, et qu'il s'est avancé pour te pénétrer, je me suis levé. Tu n'as rien vu, rien entendu, mais il m'a souri, m’a fixé, et a commencé, tout doucement, à poser ses mains sur tes hanches et à s’enfoncer. Tu as sans doute perçu le bruit de ma ceinture chutant au sol avec mon pantalon, tu t'es tendue, et puis il t'a caressée, alors tu as simplement commencé à bouger d'avant en arrière en contrepoint de ses propres aller-retour. Que j'aimais ta respiration et ton odeur, à cet instant. Je me suis installé sur le lit, sur le dos, il a simplement relevé sa jambe droite pour poser son pied sur le lit tout en gardant le genou gauche sur le matelas. Tu as gémi quand je me suis glissé entre tes jambes et que tu as senti mon souffle sur ton sexe. Nous avons un peu hésité, maladroits, pour retrouver un équilibre, et puis nous y sommes arrivés : ma langue sur ton clitoris, sa verge dans ton vagin, ses mains et les miennes sur tes hanches, tes seins, ton corps magnifique. Je sentais tes lèvres gonflées, ton désir qui coulait sur mon menton, dans ma bouche, les allers-retours de ses couilles sur ma barbe, devinait-il ma langue qui, parfois, s’aventurait sur son vit ?

Son rythme s'est accéléré, ton souffle aussi. Après quelques minutes d'hésitation suite à mon intrusion, son plaisir montait et il peinait à ne pas se laisser aller. Tu l'as encouragé, tu t'es gorgée, mes lèvres plaquées sur ta vulve, ma langue pointant ton clitoris, et puis il a explosé, tu as crié, j'ai gémi en sentant les contractions de son sexe et de son périnée, la tension de son corps et du tien tandis qu'il se déversait en toi - pas de préservatif, cela faisait partie du pacte. Et moi j'embrassais tendrement ta vulve tandis qu'il jouissait, et, doucement, se retirait.

Mais alors qu'il allait sortir m'est venu un désir, je t'ai a peine basculée vers l'avant et j'ai aspiré son pénis mollissant, avec douceur, j'ai passé ma langue sous son prépuce, autour de son gland, j'ai tété délicatement les dernières gouttes de sa semence. Il s'est laissé faire, frémissant. Ma main a doucement suivi la courbe de sa fesse, effleurant le secret de son anus et de son périnée, et il s'est retiré.

Alors tu as posé ton sexe sur ma bouche, tu t'es redressée, j'ai senti la cyprine et le sperme couler sur ma langue tandis que tu ondulais en en te masturbant sur ma bouche au moins autant que je te léchais et t’aspirais, avide de la moindre goutte. La tête prisonnière de tes cuisses, je n'entendais rien, sinon l'acouphène sifflant qui accompagne parfois les désirs le plus intenses.

Lui te regardait, mais je l'avais oublié, jusqu'à ce que je sente sa main enduite de lubrifiant saisir mon sexe en érection. J'ai souri en appréciant l'attention - je sais si bien son hétérosexualité. Il a commencé à me branler, mais je n'avais pas anticipé cet instant où il m'a enjambé, et a guidé, hésitant, ma bite vers son cul, pour commencer à se caresser. Je me suis tendu, et toi aussi, mais je t'ai surtout sentie mouiller comme jamais lorsqu'il s'est assis sur moi en soupirant de surprise et de contentement, contrôlant vitesse et profondeur sans que j'ose, au début, le moindre mouvement. Tu as accéléré, excitée, j'ai senti ton pubis s'appuyer sur ma mâchoire, tout ton poids, tout ton désir, et mon bassin qui maintenant collait au sien. Tu as commencé à te contracter, puis te relâcher, et tu as joui dans un grand cri tandis que j'explosais en lui.

Texte écrit, épuisé, à 5h du matin après une nuit à rêver cette scène sous de multiples facettes

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